Mon mini mini roman
Sandora — La fée des bois
Mini-mini-mini roman écrit par Jacky Loup adolescent.
Cela faisait bientôt une révolution complète de Sartuis que mes compagnons et moi étions prisonniers des Harkos.
C’était ma faute.
J’aurais dû me méfier de Zélon.
Tout le monde voyait en lui un fourbe, mais j’avais voulu croire en l’être humain qu’il semblait être. Je l’avais payé cher, et mes hommes aussi. Nous étions désormais condamnés, comme tant d’autres, à creuser des puits de sève sur Daria, la planète arboricole.
La sève était l’énergie exploitée par les Harkos, au détriment des habitants et de la faune de Daria.
Sans sève, plus d’arbres.
Plus d’arbres, plus d’oxygène.
Les Harkos s’en moquaient. Ils ne voyaient que leurs profits et, tant que ce n’était pas leur planète…
Depuis déjà trois révolutions de Sartuis, les Darians étaient obligés de porter des masques et des bouteilles à oxygène. Bientôt, il n’y aurait plus assez d’oxygène pour eux.
Nous autres, Terriens, étions moins sensibles au manque d’air, mais je commençais moi aussi à peiner.
Avant mon départ de la planète bleue, Virgamon, le sage Darian réfugié sur Terre, m’avait confié une étrange coquille de verre opaque.
Il m’avait dit qu’une fois brisée, elle pourrait sauver Daria.
Je n’avais rien compris à ses explications.
Personne ne comprenait jamais vraiment Virgamon lorsqu’il se lançait dans ses interminables explications alchimiques et mystiques.
La coquille, c’est Zélon qui me l’avait prise lors de ma capture.
Mais la semaine dernière, l’un de mes hommes, Filax, avait réussi à s’introduire dans la hutte de Zélon et à la dérober.
Il avait malheureusement été surpris par Ludion, l’âme damnée de Zélon.
Filax avait encore la coquille dans sa poche. Il eut juste le temps de la faire rouler discrètement jusqu’à moi avant que Ludion ne l’assassine.
Pour éviter les évasions, les Harkos avaient une méthode particulièrement efficace : chaque soir, ils attachaient notre poignet à celui d’un Darian différent.
Cette nuit-là, ce fut Péhaisse.
Et c’est ainsi que, sans vraiment l’avoir choisi, je me retrouvai au matin avec un compagnon d’évasion.
Au lever de Sartuis, je m’évadai donc avec Péhaisse, un aborigène Darian expert dans l’art de se fondre dans la végétation.
Ce n’était pas que je tenais particulièrement à l’emmener avec moi, mais quitte à embarquer un Darian, autant qu’il me soit utile.
Nous marchâmes pendant des heures.
J’avais l’impression que Péhaisse nous faisait volontairement faire des détours afin de tromper d’éventuels poursuivants.
Sartuis était déjà bas dans le ciel lorsque Péhaisse s’arrêta brusquement.
Devant nous, dans une clairière, se dressait une étrange statue posée sur un socle vermoulu.
Péhaisse se prosterna devant elle.
Puis il se mit à gesticuler et à pousser des borborygmes qui ressemblaient à des prières ou à des incantations.
Je regrettais de ne pas avoir appris le langage Darian.
Finalement, Péhaisse se calma.
À l’aide de dessins et de gestes, il me fit comprendre que cette statue représentait Sandora, la fée des bois.
Une fée harkofugée depuis vingt-sept révolutions.
Lors de l’invasion de Daria par les Harkos, ces derniers avaient figé dans une matière harkogène un nombre incalculable de mages et de fées.
Sur Terre, nos scientifiques n’avaient jamais trouvé le moyen de défaire un harkofugeage.
D’après Péhaisse, seuls les yos pouvaient désharkofuger la fée.
Ne comprenant absolument pas de quoi il parlait, je lui demandai quelques explications.
Les yos étaient, paraît-il, une sorte de vers qui se nourrissaient de la méchanceté des esprits.
J’avais de plus en plus l’impression de parler à un fou.
Mais Virgamon racontait parfois exactement le même genre d’inepties.
Je demandai à Péhaisse s’il connaissait Virgamon.
Il ne l’avait jamais rencontré.
Je lui expliquai donc qui était l’ambassadeur Darian sur Terre et lui racontai quelques-unes de ses étranges théories.
Péhaisse, lui, prenait tout cela très au sérieux.
Je sortis alors la coquille que Virgamon m’avait confiée.
Péhaisse la saisit.
Et, sans crier gare, la lança sur la statue.
Je restai bouche bée.
La statue se fissura.
Puis elle se transforma.
Ce n’était plus de la pierre.
Ce n’était même plus de la chair.
C’était du végébos, cette matière rare que l’on ne trouve que sur Daria.
La créature devant nous était lumineuse, magnifique.
J’en eus le souffle coupé.
C’était une fée de Daria.
Je croyais que ces fées n’étaient qu’un mythe.
Mais non.
Il y en avait bien une devant moi, fière et altière.
Elle ressemblait à une jeune femme d’une beauté étrange.
Ses cheveux, de la couleur du végébos, descendaient jusqu’à ses ailes.
Des ailes de papillon ?
Non.
Elles étaient bien plus complexes, plus délicates et infiniment plus belles.
Sandora nous regarda à peine.
Elle se dirigea vers les restes de la coquille et y prit délicatement les petits vermisseaux qui s’y trouvaient.
Péhaisse m’expliqua qu’il s’agissait des yos.
De petits vers rougeoyants.
Sandora prit son envol.
Elle fit quelques tours au-dessus de nous, puis revint vers moi.
Elle me tendit l’un des yos.
Je ne l’entendis pas parler.
Pourtant, je ressentis ses paroles directement en moi.
« Protège-le et amène-le sur Terre. Il sauvera ta planète comme tu as sauvé la sienne. »
Puis elle virevolta autour de Péhaisse.
Je ne sus jamais ce qu’elle lui dit.
Mais lorsqu’elle repartit, Péhaisse avait l’air complètement ébahi.
Les Harkos ne virent plus Sartuis se lever plus de trois fois sur Daria.
Ils périrent pratiquement tous, infectés par les yos qui se nourrissaient de leur méchanceté.
Lorsqu’un yo pénétrait la chair d’un Harkos, il s’y reproduisait à une vitesse fulgurante et dévorait la créature de l’intérieur.
Lorsqu’ils n’avaient plus rien à manger, les yos se transformaient en yagos, une sorte de papillons.
Le fourbe Zélon, lui, tenta de fuir vers la planète Harkos sans même se soucier de ses hommes.
Ni des ravages qu’il risquait de provoquer sur sa propre planète en y propageant les yos dont il était lui-même déjà infecté.
Ludion voulut partir avec lui.
Mais Zélon le rejeta d’un négligent coup de botte afin d’éviter tout problème de surcharge et de partage des vivres.
Je vis Ludion se tordre de douleur.
En très peu de temps, les yos en firent leur repas.
Puis ils s’envolèrent après leur transformation en papillon complexes et magnifiques.
Je ne ressentis aucune tristesse.
Il ne fallut pas plus d’une révolution de Sartuis pour que les arbres retrouvent leur état d’origine sur Daria.
L’année qui suivit fut consacrée à la reconstruction.
Ce fut une période passionnante.
J’appris énormément de choses sur la nature de Daria, mais aussi sur ma propre planète, la Terre.
Péhaisse fut élu Quazar de Daria.
Il trône encore aujourd’hui aux côtés de Sandora.
Quant à moi, je suis actuellement en route vers la Terre avec mes fidèles compagnons.
Les Darians ont réparé mon Nautilus IV.
Sur Terre, personne ne sait encore exactement ce qui s’est passé sur Daria et Harkos.
Personne ne sait non plus que ces deux planètes ont été infectées par les Hagos.
Mais moi, je sais.
Et surtout, j’ai dans ma poche une petite boîte percée de quelques trous d’aération.
À l’intérieur se trouve un petit vermisseau rougeoyant.
Je compte bien l’offrir à l’ambassadeur Harkos sur Terre.
L’immonde Jyaimeblion.
Ce sera mon petit « cheval de Troy ».
Sandora
Musique Jacky Loup
Percussions et montage : Live 7
Guitare Godin Solidac : rythmiques, solos et basse
Avec Sandora, je voulais créer une musique qui ait un petit parfum de film de Fantasy.
Les percussions et les différents montages ont été réalisés avec Live 7, tandis que j’ai enregistré les parties de guitare rythmique, les solos et même la basse avec ma Godin Solidac.
Pour accompagner le morceau, j’ai réalisé un montage avec quelques images de fantasy. Mais finalement, les images ne me suffisaient pas : j’avais envie d’imaginer ce qui pouvait bien se passer dans cet univers.
Et c’est comme ça que je me suis mis à écrire une petite histoire.
Enfin… quand je dis « roman », il ne faut peut-être pas exagérer ! Disons plutôt un mini-mini-mini roman de science-fiction et de fantasy. 📖
L’histoire se déroule sur Daria, une planète couverte de forêts, exploitée sans vergogne par les Harkos, qui extraient la sève des arbres comme source d’énergie. Les habitants de Daria voient peu à peu leur planète mourir et manquent même d’oxygène.
Au milieu de tout ça, il y a un terrien prisonnier, un mystérieux ambassadeur nommé Virgamon, une coquille de verre, des vers rougeoyants appelés yos, un aborigène nommé Péhaisse… et bien sûr Sandora, une fée des bois que les Harkos ont transformée en statue.
Je suis un grand lecteur de science-fiction et de fantasy, avec notamment une affection particulière pour Dune. Ce sont évidemment ces lectures qui ont nourri mon imagination et m’ont donné envie de créer tout cet univers.
Je ne sais pas si Sandora aurait mérité d’être adapté au cinéma, mais elle avait au moins suffisamment d’imagination pour donner naissance à une musique… puis à une histoire.
Finalement, le morceau est simplement la bande originale d’un film qui n’existe que dans ma tete.
