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Mes groupes

 

Le fait de jouer dans plusieurs groupes m’oblige à changer de style, de façon de jouer et d’approche musicale.
C’est justement ce qui me plaît : chaque formation m’apporte quelque chose de différent et me permet de continuer à apprendre.

Je rencontre aussi des musiciens très différents, avec leurs personnalités, leurs exigences, leurs envies et leurs façons de concevoir la musique. Chaque groupe est unique, parce qu’un groupe est avant tout une association de personnes. Et comme dans toute association humaine, les relations dépendent aussi du caractère, de l’humeur et des attentes de chacun.

Ce que je recherche avant tout, c’est la convivialité et le plaisir d’être ensemble.

Pour moi, il est difficile de faire de la bonne musique si les musiciens ne s’apprécient pas un minimum. La sympathie, l’amitié, la connivence, mais surtout le respect, sont essentiels. Et ce respect doit fonctionner dans les deux sens.

Malheureusement, j’ai parfois connu des situations où le respect s’est progressivement détérioré. Dans ce cas, je préfère partir. Je considère qu’il vaut mieux quitter un groupe lorsque l’on n’y trouve plus sa place que de rester à contrecœur et de finir par jouer sans plaisir.

J’ai également rencontré des groupes qui m’ont proposé de les rejoindre, mais dans lesquels le fonctionnement ne me convenait pas : un leader qui avait tendance à prendre toute la place, des clans qui se considéraient comme supérieurs aux autres, ou simplement une ambiance qui ne correspondait pas à ma façon de voir les choses.

Ce n’est jamais facile de dire : « Je quitte le groupe. » Mais je pense qu’il est plus honnête de partir que de rester lorsque l’envie et le plaisir ne sont plus là.

Dans les groupes auxquels je participe, je recherche donc trois choses essentielles : le respect, une certaine démocratie et la bonne humeur.

Je suis convaincu que le public ressent ce qui se passe réellement entre les musiciens sur scène. Combien de fois ai-je entendu, après un concert :

« Vous avez vraiment l’air d’être potes ! Ça se ressent sur scène ! »

Eh bien oui. Quand c’est sincère, ça se voit. Et ça s’entend.

La musique ne se résume pas à jouer les bonnes notes au bon moment. Il y a aussi ce qui se passe entre les musiciens : les regards, les sourires, les petites complicités, la confiance et le plaisir partagé. Et tout cela finit forcément par atteindre le public.

Et en dehors de la musique…

Dans la plupart de mes groupes, je prends également en charge une partie du travail « invisible » : promotion, recherche de concerts, prospection, contacts avec les organisateurs, devis, contrats, factures, communication…

C’est un travail qui demande du temps, de l’énergie et parfois beaucoup de patience. Je ne fais pas forcément cela pour recevoir des remerciements à chaque fois. Mais une petite reconnaissance du travail accompli fait toujours plaisir.

Là encore, j’ai connu des situations où cet investissement était critiqué, ou considéré comme allant de soi, j’ai même eu droit parfois à des engueulades injustes. À la longue, cela peut devenir pesant.

J’ai donc parfois fait le choix de partir, non pas parce que je ne voulais plus faire de musique, mais simplement parce que je ne voulais plus continuer dans ces conditions.

Aujourd’hui, je préfère jouer avec des personnes avec lesquelles j’ai envie de partager quelque chose : de la musique, bien sûr, mais aussi des moments, des rires, des projets et du plaisir.

Parce qu’au fond, c’est aussi pour ça que je fais de la musique.