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Basse Cort
action PJ

Pourquoi et comment j’ai créé ma basse Frankenstein

Il y a des instruments que l’on achète parce qu’ils sont beaux. Et puis il y a ceux que l’on achète parce qu’on en voudrait un qui nous ressemble.

C’est exactement ce qui s’est passé avec cette Cort Action PJ passive de 2002.

Elle a le bleu de mes yeux, le rouge de mon sang, le gris de mes cheveux. Comme moi, elle est cabossée, elle a subit des coups, elle est imparfaite, mais elle est joyeuse, motivée et sait donner du bonheur.

Je cherchais une basse d’occasion que je pourrais transformer sans avoir peur de modifier, poncer, démonter ou repeindre. Je suis tombé sur cette Cort, vendue avec son étui rigide, pour un prix suffisamment intéressant pour que l’aventure soit possible sans sacrifier une basse neuve ou de grande valeur.

Et surtout, elle avait le bon profil pour mon projet.

L’idée n’était pas simplement de lui donner une nouvelle couleur. Je voulais en faire une basse qui me ressemble, avec une véritable personnalité visuelle, un instrument unique qui puisse trouver sa place à côté de mes autres instruments.

Pourquoi une basse « Frankenstein » ?

Le mot Frankenstein résume assez bien l’esprit du projet.

J’avais lu l’oeuvre de Mary Shelley « Frankenstein ou le Prométhée moderne »

Je ne voulais surtout pas obtenir une basse parfaitement lisse, parfaitement uniforme et qui donne l’impression de sortir d’une usine.

Au contraire.

Je voulais conserver quelque chose de brut, irrégulier et volontairement imparfait. Une basse qui donne l’impression d’avoir vécu plusieurs vies et d’avoir été reconstruite avec des morceaux provenant de différents univers.

Le choix de la Cort s’y prêtait particulièrement bien : elle allait devenir une sorte de laboratoire pour expérimenter, sans chercher à reproduire un modèle existant.

Le but était donc de créer une véritable basse custom, et pas simplement de repeindre une Cort.

Démontage complet

Avant de penser peinture, il fallait commencer par comprendre l’instrument.

J’ai donc complètement démonté la basse.

Électronique, micros, chevalet, mécaniques, plaque, commandes, câblages… chaque élément a été retiré afin de pouvoir travailler sur le corps sans rien abîmer.

J’ai également repéré chaque élément et chaque connexion électrique.

Cette étape peut sembler fastidieuse, mais elle est essentielle lorsqu’on démonte complètement un instrument. Au moment du remontage, il faut savoir exactement où chaque élément doit revenir et comment les différents fils étaient connectés.

Pour les potentiomètres, j’ai coupé les fils en laissant un peu de gaine pour que je retrouve les couleurs correspondantes lorsque j’aurais à les ressouder.

La prise de photos de chaque étape est primordial. J’ai découvert un fil de masse sous le chevalet, une calle entre le manche et le corps. Il me fallait ces précisons afin de pouvoir retrouver les même réglages lors du remontage à venir.

Un ponçage volontairement brutal

Pour une restauration classique, on chercherait probablement à obtenir une surface parfaitement régulière.

Ce n’était justement pas mon objectif.

J’ai donc poncé le corps de manière assez brutale puisque j’y suis allé carrément avec un disque de ponçage 80 sur une disqueuse.

L’idée était de préparer la surface tout en créant déjà une partie du caractère de la future basse. Certaines irrégularités allaient participer au résultat final.

Pour une fois, les défauts n’étaient pas forcément des défauts.

Ils faisaient partie du projet.

Comme la créature du docteur Frankenstein, ma créature aura la beauté de sa personalité et de ses imperfections.

Le manche remplacé par une latte de bois

Il fallait ensuite trouver une manière pratique de manipuler le corps pendant la peinture.

Comme le manche avait été démonté, j’ai utilisé une simple latte de bois à sa place.

Elle me permettait de tenir et de manipuler le corps sans avoir à toucher directement les surfaces fraîchement peintes.

C’est un détail assez simple, mais particulièrement pratique lorsqu’on travaille seul.

La Cort avait donc temporairement un manche très particulier : une latte de bois !

À ce stade, elle ressemblait déjà davantage à un projet expérimental qu’à une basse terminée.

De la peinture automobile pour habiller la basse

Pour la peinture, j’ai choisi d’utiliser des bombes de peinture automobile.

Je voulais obtenir des couleurs suffisamment profondes et résistantes, mais également pouvoir travailler progressivement par superposition.

La première étape a été l’application d’un apprêt.

Puis sont venues les différentes couleurs :

  • bleu-gris métallisé ;
  • rouge ;
  • bleu foncé métallisé.

Je ne voulais pas de grandes zones parfaitement délimitées.

L’objectif était plutôt de créer des nuages de couleurs, avec des mélanges et des transitions irrégulières. Même quelques taches de ci de là.

Le rouge devait se mêler aux bleus, certaines zones devaient être plus présentes que d’autres, et l’ensemble devait donner cette impression de matière et de profondeur.

C’est ce mélange qui donne finalement à la basse son aspect très particulièrement sombre de loin.

Ponçage à l’eau pour faire ressortir les couleurs

Une fois la peinture suffisamment sèche, le travail n’était pas terminé.

J’ai effectué plusieurs ponçages très fins avec du papier de verre à l’eau (1200).

Cette étape permet de progressivement lisser la surface et de préparer la finition.

C’est aussi une phase où il faut être patient : il ne s’agit pas de retirer toute la peinture, mais d’obtenir progressivement une surface suffisamment régulière pour recevoir les éléments décoratifs puis le vernis.

L’arrière du manche doit être particulièrement lisse pour que mon pouce de la main gauche glisse aisément de haut en bas du manche sans aspérité.

Les décalcomanies pour créer l’identité de la basse

C’est à ce moment-là qu’une autre partie importante du projet a commencé : la création des décalcomanies.

Je ne voulais pas simplement appliquer quelques autocollants trouvés dans le commerce. Les motifs devaient être conçus spécialement pour cette basse et s’intégrer à sa forme.

La première chose a donc été de mesurer précisément le corps de la basse.

Il fallait déterminer les surfaces disponibles et surtout savoir quelle taille maximale pouvaient avoir les différents dessins.

Les micros, le chevalet, les commandes et les autres éléments de la basse occupent une place importante. Il était donc impossible de simplement créer les motifs séparément sans tenir compte de leur emplacement réel.

Chaque dessin devait trouver sa place sur le corps.

Une fois les dimensions définies, j’ai commencé à travailler sur les différents motifs.

Les premières versions n’étaient pas forcément les bonnes.

Il a fallu créer plusieurs épreuves, modifier les proportions, corriger certains détails et vérifier que les dessins fonctionnaient réellement une fois placés sur la basse.

C’est une étape qui demande finalement beaucoup plus de réflexion et de patience qu’il n’y paraît.

Un dessin qui semble parfait sur un écran peut devenir trop grand, trop petit ou mal positionné lorsqu’il est réellement placé sur un instrument.

Lorsque les motifs ont enfin été validés, je les ai imprimés sur du papier spécial pour décalcomanies destiné à l’impression laser.

Cette méthode permet de réaliser soi-même des motifs personnalisés sans avoir besoin de faire fabriquer des décalcomanies sur mesure.

Les dessins sont alors prêts à être découpés et transférés sur la basse.

Les motifs ont ensuite été découpés individuellement.

Mais là encore, il ne suffisait pas de les poser n’importe où.

Chaque décalcomanie devait être positionnée en fonction de la forme du corps, mais également des micros, du chevalet et des différents éléments qui allaient être remontés ensuite.

Il fallait donc réfléchir à la composition générale.

Certains motifs devaient être suffisamment éloignés des zones mécaniques, tandis que d’autres pouvaient venir occuper les espaces libres du corps.

Une fois le positionnement défini, les motifs ont été transférés sur la peinture.

Cette étape a finalement donné à la basse une grande partie de son identité visuelle.

Le vernis

Une fois les décalcomanies correctement posées et suffisamment sèches, il restait à protéger l’ensemble.

J’ai donc appliqué plusieurs couches de vernis en bombe.

Cette étape permet de protéger la peinture et les décalcomanies tout en donnant à l’ensemble sa finition définitive.

Il a ensuite fallu laisser suffisamment sécher avant de pouvoir envisager un ponçage à l’eau encore plus fin (2000).

J’avoue avoir éspéré une visibilité  plus importante des décalcomanies.

Le remontage

Une fois la peinture et le vernis suffisamment secs, il était temps de remettre la Cort en pièces… mais dans l’autre sens !

Tous les éléments démontés au début ont retrouvé leur place.

L’électronique a été ressoudée en suivant les repérages effectués lors du démontage. Le perfectionniste que je suis a ajouté de la gaine thermorétractable pour assurer une meilleure isolation.

Le manche d’origine a évidemment remplacé la fameuse latte de bois. Sans oublier la petite calle d’origine.

Puis sont revenus le chevalet, les micros, les commandes et les différents éléments de la basse.

Petit à petit, la guitare redevenait un instrument.

Mais cette fois, elle était différente.

Le réglage

Une basse peut être magnifique et parfaitement inutile si elle est mal réglée.

Après le remontage, il a donc fallu procéder aux réglages nécessaires afin de retrouver une basse correctement jouable.

C’est seulement après cette étape que le projet pouvait réellement être considéré comme terminé.

Parce qu’au fond, le but n’était pas de fabriquer un objet décoratif.

Je voulais une vraie basse fonctionnelle.

Une basse que je puisse brancher, jouer et emmener avec moi.

Et finalement… le test

La dernière étape était évidemment la plus importante : prendre la basse et jouer avec.

Après toutes ces heures de démontage, de ponçage, de peinture, de ponçage à l’eau, de création et de pose des décalcomanies, de vernissage, de remontage et de réglage, il fallait savoir si cette Cort Frankenstein fonctionnait réellement.

Et oui.

Elle fonctionne.

La vidéo se termine donc là où tout projet de customisation d’un instrument devrait finalement aboutir : avec de la musique.

On voit la basse terminée et je la teste réellement en jouant dessus.

Une Cort qui n’est plus vraiment une Cort

Au départ, ce n’était pas qu’une simple Cort Action 2002 passive d’occasion avec son étui rigide. Elle avait déjà sa particularité : être passive, car en fait, Cort ne les fabrique plus qu’en active. La personne qui me l’a vendue m’a dit l’avoir achetée au Canada… 

Aujourd’hui, c’est devenu une basse qui ne peut plus se confondre avec une autre.

Ce projet m’a surtout permis de faire exactement ce que je voulais : partir d’un instrument accessible, le démonter complètement, comprendre comment il était construit, expérimenter et lui donner une identité totalement personnelle.

Je n’ai pas cherché à faire une basse parfaite.

J’ai cherché à faire ma basse.

Et c’est probablement ça, le plus intéressant dans la customisation d’un instrument : prendre quelque chose qui existe déjà et lui donner une seconde vie, une nouvelle histoire et surtout, une personnalité.

Caractéristiques Techniques

Une customisation naturiste en pleine canicule

Cette Cort a été customisée au Ferienpark der Naturisten, un village de vacances naturiste situé en Allemagne, où l’on peut profiter de la nature et vivre tout nu en toute liberté.

Le chantier s’est déroulé pendant la canicule de l’été 2026.

Pendant que certains profitaient tranquillement du soleil et de la piscine naturelle, la Cort, elle, a été mise à nu puis rhabillée : démontage, ponçage, peinture, décalcomanies et vernis.

Et avec les températures de la canicule, pas besoin de cabine de séchage : le soleil s’en est chargé !

Une basse naturiste, en quelque sorte : d’abord complètement déshabillée, puis repeinte de la tête aux pieds.

Sur la partie cachée, au dos de la basse, se trouve également un petit rappel secret : on m’y voit non plus en Jacky Loup, mais en Jacky Nat, le naturiste.

La Cort Action PJ est une basse électrique 4 cordes à électronique passive, conçue autour d’une configuration de micros de type PJ. Simple, efficace et polyvalente.

Caractéristique Spécification
Type Basse électrique 4 cordes
Construction Manche vissé (bolt-on)
Diapason 34″ / 864 mm
Corps Peuplier (Poplar)
Manche Érable dur canadien
Touche Palissandre sur certaines versions / Jatoba sur d’autres
Rayon de touche 400 mm / 15,75″
Frettes 24
Repères Points blancs
Micros Cort Powersound PSEB4-4/F + PSEB1-4/R
Configuration micros PJ : type Precision au manche + type Jazz au chevalet
Électronique Passive
Contrôles Volume micro manche + volume micro chevalet + tonalité générale
Chevalet Cort EB6(4)
Mécaniques Moulées sous pression / bain d’huile selon version
Accastillage Chrome
Cordes généralement .045–.105 selon les versions

La particularité de cette Cort réside notamment dans son électronique entièrement passive. Elle ne nécessite donc aucune pile pour fonctionner.

La configuration PJ associe deux types de micros complémentaires. Le micro manche reprend le principe du célèbre micro de type Precision, tandis que le micro situé près du chevalet est de type Jazz.

Les trois commandes permettent de contrôler séparément le volume de chacun des micros et la tonalité générale.

Cette architecture relativement simple offre néanmoins une palette sonore assez large : le micro manche apporte généralement un son plus rond et puissant, le micro chevalet davantage de définition et d’attaque, tandis que le mélange des deux permet d’obtenir un compromis entre ces deux caractères.

Avec son diapason de 34 pouces, la Cort Action utilise le format standard des basses électriques modernes. Ses 24 frettes offrent également une tessiture importante pour une basse quatre cordes.

Le manche vissé constitue une construction particulièrement courante sur les basses électriques. Il facilite notamment les opérations de maintenance et permet, en cas de besoin, de démonter le manche sans intervenir sur le corps de l’instrument.

Médias

Tutoriels et essais

Pour télécharger le mode d’emploi, cliquer sur le bouton ci-dessous.

Musiciens qui utilisent cet instrument

Jeff Berlin

Endorcé par Cort, jeff Berlin a son modèle signature « Rithimic« 

Allan Holdsworth – Bill Bruford – Yes – John McLaughlin

Je n’ai pas trouvé d’artiste jouant de cet instrument de début de gamme, mais j’avais envie de vous parler de Jeff Berlin qui est endorcé par Cort et surtout de son morceau « Joe Frazier » qu’il a écrit et interprété sur un album de Bill bruford « Gradually Going Tornado ».

Depuis plus de quarante ans, l’approche innovante de Jeff en matière de basse électrique a été entendue sur des dizaines d’enregistrements et lors de performances avec un éventail sans précédent d’artistes divers, Jeff s’est imposé comme l’un des bassistes les plus influents au monde.

Jeff Berlin continue d’enregistrer et de tourner à travers le monde avec son style original, sa maîtrise technique et sa musicalité de haut calibre qui influencent la nouvelle génération de musiciens.
Ses solos sont parmi les meilleurs jamais joués sur une guitare basse, et comme le dit Jeff : « Plus je vieillis, plus les gens semblent prêter attention à mon jeu.
J’espère que je pourrai être digne de leur attention. Même les rockers et les musiciens pop remarquent ce vieux bassiste de jazz… Quel honneur ! »

Jeff Berlin est également connu en tant que critique musical. Il est l’un des membres fondateurs du Bass Institute of Technology à Los Angeles, et plus tard de la Players School of Music à Clearwater en Floride. De plus il écrit régulièrement des articles pour des magazines spécialisés tel que Bass Player Magazine.