J’ai été invité par Benjamin, le batteur de ce groupe à l’époque, à auditionner.
Je me rends à l’adresse convenue et découvre la cave du leader transformée en véritable salle de répétition : guitares de grandes marques accrochées au mur, sono de qualité, instruments à disposition… Un vrai petit paradis pour musiciens.
Avant même de jouer, j’ai droit à un long discours du leader sur le respect, la camaraderie, la cohésion de groupe.
De belles paroles, engageantes, qui donnent envie d’adhérer.
L’audition se fait avec batterie (Benjamin), guitare rythmique (le leader) et moi à la basse. Aucun chant, aucun instrument mélodique.
Jouer sans voix ni ligne mélodique n’est pas évident. Dommage, car ils me disent avoir une excellente chanteuse (c’est vrai, j’ai fait sa connaissance plus tard).
Je ne suis pas retenu, ce qui peut arriver à tout le monde, surtout aux débutants comme moi.
Le leader préfère Renato, un bassiste plus expérimenté, et surtout (je l’ai appris plus tard puisque Renato est devenu un de mes amis) plus conventionnel dans sa manière d’être. Et oui, mon port du kilt gothique ne plait pas à tout le monde.
Je reste néanmoins proche de Benjamin, musicien expérimenté, généreux, passionné, qui m’impressionne par sa gentillesse et son sens du partage.
Quelques semaines plus tard, il me recontacte : une place se libère (Renato a quitté le groupe assez rapidement), on me propose de repasser une audition.
Même configuration. Même discours sur les valeurs humaines.
Même répétition dans les mêmes conditions. Dommage, car ils ont une nouvelle chanteuse, la précédente ayant préféré ne pas rester dans le groupe.
Cette fois, je suis pris.
Je participe à plusieurs répétitions, sans jamais que tous les membres soient réunis en même temps.
Je découvre pourtant des personnes sympathiques avec qui le courant passe bien.
Mais en parallèle, les échanges WhatsApp deviennent tendus.
Désaccords récurrents entre le leader, musicien débutant, et Benjamin, beaucoup plus expérimenté.
Je découvre deux visages :
+ Benjamin, loyal, pédagogue, sincère.
– Le leader, beaucoup moins cohérent que ses discours.
Répétitions organisées sans prévenir Benjamin. Critiques des tous les membres en leur absence. Propos déplacés sur le guitariste, la chanteuse, le clavier. J’ai droit à tous les reproches sur chaque membre du groupe par le leader.
Tout l’inverse des grandes déclarations sur le respect et l’amitié.
Après l’été, une répétition est organisée avec (enfin) tous les membres, précédée d’une sorte d’« assemblée générale ».
Je suis éfaré ! Le leader nous reproche, à Benjamin et moi, de former un clan parce que nous sommes allés voir un concert ensemble — alors que j’avais invité tout le monde à m’y rejoindre.
Benjamin (trop gentil) s’excuse pour apaiser la situation.
Je ne peux pas laisser passer ça ! L’injustice est flagrante.
Je dis alors clairement ce que j’ai vu et entendu :
les critiques en coulisses, les répétitions excluantes, le double discours permanent.
L’ambiance devient lourde.
Je déclare que je quitte le groupe ne m’y sentant pas à ma place.
Avant de partir, le leader me fait payer une partie des cordes de la basse qu’il m’avait prêtée. La scène est un sketch ridicule.
Le lendemain, il m’écrit pour m’expliquer que, de toute façon, il voulait me virer.
Quelques semaines plus tard, Benjamin, la chanteuse (Laurence), un ancien batteur de ce groupe… et moi, créons un nouveau groupe (L’Autobus) avec un de leurs amis. Nous feront quelques concerts bien sympathiques.
Dans le respect, la camaraderie, la cohésion de groupe 😂😂😂


